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Quels arbres tailler en ce moment ? Calendrier mois par mois et par espèce

Quels arbres tailler en ce moment ? Découvrez le calendrier complet par espèce : fruitiers, feuillus, résineux, arbustes : avec les périodes à éviter

Léa FournierLéa Fournier 19 min de lecture
La taille des arbres fruitiers avec Frédéric Tailler

Il n'existe pas de réponse unique : la période de taille dépend de l'espèce. En ce moment (septembre), taillez les fruitiers à noyaux (cerisiers, pruniers) après leur récolte, supprimez le bois mort sur tous les arbres, et entretenez les arbustes à floraison printanière déjà défleuris. En revanche, ne touchez ni aux fruitiers à pépins ni aux résineux, qui doivent attendre l'hiver ou le printemps.

Quels arbres tailler en ce moment ? La réponse dépend entièrement de l'espèce que vous avez devant vous. Un cerisier taillé en plein hiver s'expose à la moniliose et au chancre bactérien ; un pommier taillé en septembre gaspille l'énergie qu'il devrait consacrer à sa mise en réserve. Ce guide vous donne la liste précise des espèces à tailler selon le mois en cours, classées par type, avec les pièges à éviter et les gestes qui préservent la santé de l'arbre.

En bref

  • La période de taille dépend de l'espèce : fruitiers à pépins en hiver, fruitiers à noyaux en août-septembre, feuillus en fin d'hiver.
  • Ne taillez jamais un cerisier, un prunier ou un abricotier entre octobre et mars : le risque de chancre bactérien et de moniliose est maximal.
  • La règle du tiers est universelle : ne retirez jamais plus d'un tiers du houppier en une seule saison, quelle que soit l'espèce.
  • Désinfectez systématiquement les lames entre chaque arbre avec de l'alcool à 70° pour stopper la transmission des maladies.

Pourquoi la période de taille conditionne la santé de l'arbre

La taille n'est pas un geste anodin. Couper une branche, c'est ouvrir une plaie par laquelle les champignons pathogènes et les bactéries peuvent s'engouffrer. Quand l'arbre est en pleine activité végétative, il cicatrise rapidement : la sève afflue, les cellules se divisent, un bourrelet protecteur se forme. Taillé au mauvais moment, l'arbre reste vulnérable des semaines durant.

La règle biologique qui sous-tend tout le calendrier qui suit est simple. Un arbre en dormance (hiver) cicatrise lentement mais ne perd pas de sève. Un arbre en pleine montée de sève (printemps) cicatrise vite, mais la coupe provoque des écoulements qui l'affaiblissent. Un arbre en fin d'été a terminé sa croissance annuelle : il peut refermer ses plaies avant l'automne, sans compromettre ses réserves.

C'est cette mécanique qui explique pourquoi les fruitiers à noyaux (cerisier, prunier, abricotier) se taillent impérativement après la récolte, en août-septembre, et jamais en hiver. Et pourquoi les fruitiers à pépins (pommier, poirier) supportent au contraire la taille hivernale, à condition que le thermomètre reste au-dessus de zéro.

Les deux grandes phases de végétation à connaître

Tous les arbres de nos jardins traversent deux phases principales chaque année : la période de végétation active (printemps-été) et la dormance (automne-hiver).

Durant la végétation active, la sève monte des racines vers les bourgeons et les feuilles. L'arbre fabrique des sucres par photosynthèse, allonge ses rameaux, mûrit ses fruits. Une taille pendant cette phase provoque des écoulements de sève parfois abondants : notamment chez le bouleau, le noyer ou l'érable : qui fatiguent l'arbre et attirent les parasites.

La dormance, quant à elle, voit la sève redescendre vers les racines. L'arbre vit au ralenti. Les plaies de taille ne saignent pas, mais elles ne cicatrisent pas non plus avant le redémarrage printanier. C'est la fenêtre idéale pour les fruitiers à pépins et la plupart des feuillus. Le bois est bien visible, la structure de la ramure est lisible, et le froid limite la prolifération des champignons.

Taille mal placée : quelles conséquences concrètes ?

Tailler au mauvais moment expose l'arbre à trois risques majeurs.

D'abord, les maladies fongiques. Le chancre bactérien du cerisier et la moniliose du prunier pénètrent par les plaies fraîches quand l'humidité automnale s'installe. Une taille d'automne sur ces espèces est une porte ouverte à l'infection. Ensuite, l'affaiblissement physiologique : une taille en pleine montée de sève printanière soustrait à l'arbre l'énergie qu'il mobilisait pour sa croissance. L'année suivante, la floraison et la fructification s'en ressentent. Enfin, les parasites : les écoulements de sève sur une coupe fraîche au printemps attirent pucerons, cochenilles et fourmis.

Concrètement, un cerisier taillé en février peut développer un chancre qui le fera dépérir en trois à cinq saisons. Un pommier taillé en août produira moins de fleurs l'année suivante, car la taille aura supprimé les bourgeons à fruit déjà formés. Le calendrier n'est pas une lubie de jardinier : c'est une nécessité sanitaire.

Calendrier de taille des arbres mois par mois : tableau synthèse

Le tableau ci-dessous synthétise, espèce par espèce, la meilleure période de taille, l'objectif recherché et la fréquence conseillée. Il est conçu pour être consulté rapidement, mois par mois.

Les périodes indiquées sont des fenêtres optimales. Une taille réalisée quelques semaines avant ou après reste généralement possible, à condition de respecter les grands interdits : jamais de taille par temps de gel (inférieur à 0 °C), jamais de taille sur un arbre en stress hydrique (sol sec, canicule), jamais de taille sur un arbre à noyaux en période humide et froide.

Prenons un cas concret. Un pommier de cinq ans, planté en pleine terre dans un jardin de Loire-Atlantique, mesure environ 3,50 mètres. En janvier, hors période de gel, on pratique une taille de formation : suppression des branches qui se croisent, réduction d'un tiers des rameaux de l'année précédente, éclaircissage du centre pour laisser passer la lumière. Résultat attendu : une ramure équilibrée qui portera des fruits sur des branches bien exposées, avec une recolte régulière dès la sixième ou septième année. Cette taille d'hiver favorise aussi la formation des bourgeons à fruit pour la saison suivante.

Pour approfondir la technique espèce par espèce, consultez notre guide complet sur tailler les arbres fruitiers.

Fruitiers à pépins (pommier, poirier) : janvier-février hors gel

Pommiers et poiriers se taillent en janvier ou février, impérativement hors période de gel. C'est la taille d'hiver classique, dite « en sec », quand l'arbre est en dormance.

L'objectif est double. D'une part, éliminer les branches mortes, le bois malade et les rameaux qui s'entrecroisent pour aérer le cœur de l'arbre. D'autre part, raccourcir d'un tiers les pousses de l'année précédente pour stimuler la mise à fruit. La fréquence conseillée est annuelle pour les formes palissées (cordons, palmettes), et tous les deux ou trois ans pour les formes libres (gobelet, plein vent).

Une taille trop sévère favorise le départ de gourmands : ces rameaux verticaux stériles qui pompent l'énergie de l'arbre sans jamais porter de fruits. La modération est le maître-mot : on ne retire jamais plus d'un tiers du volume du houppier en une seule intervention.

Fruitiers à noyaux (cerisier, prunier) : après la récolte en août-septembre

Cerisiers, pruniers, abricotiers et pêchers obéissent à une règle différente. Ces fruitiers à noyaux ne supportent pas la taille hivernale, qui les expose au chancre bactérien et à la moniliose, deux maladies capables de tuer un arbre en quelques saisons.

La taille s'effectue juste après la récolte, en août ou début septembre, quand l'arbre a terminé son cycle de fructification mais que la cicatrisation reste active. On supprime les branches mortes, on éclaircit le centre et on réduit les rameaux trop longs. La fréquence est légère : une taille légère tous les deux ans suffit pour un cerisier adulte. Un prunier se contente d'une intervention tous les trois ans.

L'erreur classique consiste à vouloir « faire propre » en novembre, quand les feuilles tombent et que la structure devient lisible. Cette taille d'automne, sur bois humide et froid, ouvre la voie aux infections. Mieux vaut attendre l'été suivant.

Feuillus d'ornement (chêne, mûrier, peuplier, bouleau) : fin d'hiver

Chêne, mûrier, peuplier, bouleau : la plupart des feuillus d'ornement se taillent en fin d'hiver (février-mars), juste avant le débourrement, quand les bourgeons commencent à gonfler sans encore s'ouvrir.

À cette période, la cicatrisation sera rapide dès le redémarrage de la sève, sans les écoulements abondants qu'une taille plus tardive provoquerait. Le bouleau, en particulier, « pleure » abondamment si on le taille après la mi-mars : la perte de sève l'affaiblit et tache durablement l'écorce.

L'objectif est principalement l'entretien : suppression des branches mortes ou cassées, élimination des rameaux qui se croisent, allègement des charpentières trop longues. La fréquence dépend de l'âge : une taille de formation tous les deux ans pour un jeune sujet, une taille d'entretien tous les quatre à cinq ans pour un arbre adulte.

Résineux (pin, sapin, cyprès) : taille limitée et ciblée

Pins, sapins et cyprès supportent très mal les tailles sévères. Contrairement aux feuillus, les résineux ne produisent pas de bourgeons dormants sur le vieux bois : une branche coupée en arrière du feuillage ne redémarrera jamais.

La règle est donc de tailler peu et de le faire au bon moment. Pour les pins, on pince les jeunes pousses (chandelles) au printemps, en mai-juin, en les raccourcissant de moitié avant qu'elles ne s'ouvrent complètement. Pour les cyprès et les thuyas, une taille légère de la périphérie peut s'effectuer en avril ou en septembre, en évitant absolument les périodes de canicule.

Ne taillez jamais un résineux en période de sécheresse ou de chaleur intense : le stress hydrique combiné à la coupe peut provoquer un dessèchement irréversible des rameaux.

Arbustes à fleurs et petits fruits (groseillier, cassis, lavatère) : selon floraison

Les arbustes à fleurs se taillent selon leur période de floraison. Ceux qui fleurissent au printemps (forsythia, lilas, groseillier à fleurs, spirée de printemps) se taillent juste après la floraison, en mai-juin. Taillés en hiver, ils perdraient leurs boutons floraux déjà formés.

Les arbustes à floraison estivale (lavatère, buddleia, hibiscus) se taillent en fin d'hiver, février-mars, car ils fleurissent sur le bois de l'année.

Pour les petits fruits, le groseillier à grappes et le cassissier se taillent en février : on supprime les branches âgées de plus de trois ans pour favoriser le renouvellement. Retrouvez le détail des périodes dans notre calendrier de taille des arbres fruitiers.

Quels arbres tailler en juillet et en août ?

Quels arbres tailler en juillet et en août ? Ces deux mois d'été sont souvent perçus comme une période de repos pour le sécateur. Pourtant, certaines interventions y sont non seulement possibles, mais recommandées.

Juillet marque la fin de la floraison pour la plupart des arbustes de printemps. C'est aussi le début des récoltes pour les premiers fruitiers à noyaux (cerisiers précoces, certains pruniers). La sève circule activement, ce qui garantit une cicatrisation rapide, à condition que le sol ne soit pas desséché et que l'arbre ne subisse pas de stress hydrique.

Ce que l'on peut tailler en juillet sans risque

En juillet, concentrez-vous sur trois types d'interventions.

D'abord, les arbustes à floraison printanière qui ont terminé leur cycle : forsythia, spirée de printemps, groseillier à fleurs, lilas. Taillez juste après la défloraison pour ne pas compromettre les boutons de l'année suivante. Supprimez les fleurs fanées et raccourcissez les rameaux défleuris d'un tiers.

Ensuite, les haies de feuillus (charme, hêtre, troène) peuvent recevoir une taille de mi-saison pour maintenir leur forme. Attendez un jour couvert, sans canicule, pour éviter de brûler les feuilles fraîchement coupées.

Enfin, le bois mort et les branches cassées peuvent être supprimés sur toutes les espèces, quelle que soit la saison. Une branche morte ne cicatrise pas et constitue une porte d'entrée permanente pour les champignons lignivores.

Août : priorité aux fruitiers à noyaux et au bois mort

Août est le mois clé pour les fruitiers à noyaux. Cerisiers et pruniers ont généralement terminé leur récolte : c'est le moment d'intervenir.

La taille d'août consiste à supprimer le bois mort, à éclaircir le centre de l'arbre pour favoriser la pénétration de la lumière, et à réduire d'un tiers les rameaux trop vigoureux. L'arbre cicatrise rapidement car la sève circule encore activement, et les plaies sèchent vite sous le soleil estival.

Profitez-en aussi pour retirer les fruits momifiés restés accrochés aux branches : ils sont des réservoirs à spores pour la moniliose l'année suivante.

En revanche, ne taillez pas les fruitiers à pépins (pommier, poirier) en août : leurs bourgeons à fruit pour l'année suivante sont déjà formés, et une taille maintenant réduirait la récolte future. Pour savoir précisément quand intervenir sur vos cerisiers, lisez notre guide sur quand tailler les cerisiers.

Quels arbres faut-il éviter de tailler en automne ?

L'automne : octobre et novembre : est la saison où l'envie de « nettoyer » le jardin avant l'hiver pousse de nombreux jardiniers à sortir le sécateur. C'est une erreur qui peut coûter cher à certains arbres.

Le problème de l'automne est double. Les températures baissent, l'humidité ambiante augmente et les plaies de taille cicatrisent beaucoup plus lentement qu'en été. Les spores de champignons pathogènes, portées par les pluies d'automne, trouvent là une porte d'entrée idéale. La taille d'automne expose particulièrement les arbres à noyaux et certains arbustes sensibles.

Arbres à noyaux : pourquoi l'automne est la pire période

Cerisiers, pruniers, abricotiers et pêchers ne doivent jamais être taillés à l'automne. La raison est sanitaire : les plaies ouvertes en octobre-novembre, quand l'humidité stagne et que les températures oscillent entre 5 et 15°C, offrent des conditions parfaites pour l'installation du chancre bactérien (Pseudomonas syringae) et de la moniliose (Monilia fructigena).

Le chancre bactérien se manifeste par des lésions noirâtres sur l'écorce, un écoulement de gomme et un dépérissement progressif des branches atteintes. Une fois installé, il n'existe aucun traitement curatif efficace : seules des coupes sanitaires sévères, en été, peuvent limiter sa progression. La moniliose, quant à elle, provoque le dessèchement des rameaux et la momification des fruits.

Ces deux maladies sont la conséquence directe, dans la majorité des cas, d'une taille pratiquée au mauvais moment. La règle est impérative : fruitiers à noyaux = taille en août-septembre, jamais entre octobre et mars.

Camélia, cyprès, osier, lavatère : taille déconseillée à l'automne

Au-delà des fruitiers à noyaux, plusieurs arbustes d'ornement supportent très mal la taille automnale.

Le camélia, qui fleurit en fin d'hiver et au début du printemps, porte déjà ses boutons floraux à l'automne. Une taille en octobre ou novembre supprimerait purement et simplement la floraison de l'année suivante. Taillez-le uniquement après la floraison, en mars-avril.

Le cyprès et les autres conifères de haie taillés en automne voient leurs plaies exposées aux premiers gels. Les extrémités coupées brunissent, la repousse est ralentie au printemps suivant. Même chose pour l'osier, dont les tiges coupées à l'automne sont sensibles aux pourritures hivernales. Quant à la lavatère arbustive, sa taille en automne supprime les tiges qui protègent la souche du froid : la plante peut ne pas redémarrer au printemps.

Mieux vaut attendre février-mars pour tailler ces espèces sensibles, quand les risques de gelées sévères s'éloignent.

Quel est le meilleur mois pour tailler les arbres selon leur type ?

Il n'existe pas un seul meilleur mois pour tailler tous les arbres. La période idéale varie selon le type d'essence et l'objectif recherché : formation, entretien ou fructification.

Voici la règle par famille :

  • Fruitiers à pépins (pommier, poirier) : janvier-février, hors gel. L'objectif est de former la ramure et de stimuler la mise à fruit. La taille de formation des jeunes sujets est particulièrement importante les cinq premières années.
  • Fruitiers à noyaux (cerisier, prunier, abricotier) : août-septembre, après la récolte. L'élagage des branches mortes et l'éclaircissage du centre sont les deux priorités.
  • Feuillus d'ornement (chêne, bouleau, mûrier, peuplier) : février-mars, juste avant le débourrement. La taille d'entretien vise à équilibrer le houppier et à supprimer le bois mort.
  • Résineux (pin, sapin, cyprès) : mai-juin pour le pincement des jeunes pousses de pin ; avril ou septembre pour une taille périphérique légère des cyprès et thuyas.
  • Arbustes à floraison printanière : mai-juin, juste après la floraison.
  • Arbustes à floraison estivale : février-mars, avant le démarrage végétatif.

Pour planter correctement vos arbres et arbustes, vous pouvez consulter notre guide Horticolor Arbres et arbustes 2026 : 2 400 variétés qui vous aidera à faire les bons choix.

La règle transversale : ne jamais tailler par temps de gel ni par forte chaleur, et toujours désinfecter les lames du sécateur entre chaque arbre. Pour un guide complet du taillage des arbres fruitiers, espèce par espèce et geste par geste, notre article dédié vous accompagne pas à pas.

Pour des conseils plus approfondis sur le choix et l'entretien général, n'hésitez pas à consulter notre guide complet sur les fruitiers arbres.

Comment tailler un arbre trop haut : règles et limites

Un arbre devenu trop haut pour son emplacement : souvent un arbre d'ornement planté trop près de la maison ou un fruitier qui n'a jamais été maîtrisé : pose un vrai casse-tête. La tentation est grande de le rabattre sévèrement. C'est rarement la bonne solution.

Une taille drastique qui supprime plus du tiers du houppier en une seule fois inflige un stress considérable à l'arbre. Il réagit en émettant une multitude de rejets verticaux (gourmands), qui déséquilibrent encore davantage sa structure et créent un entretien ingérable les années suivantes.

Taille de réduction : jusqu'où peut-on aller ?

La taille de réduction d'un arbre trop haut obéit à une règle d'or : ne jamais retirer plus d'un tiers du volume du houppier en une seule saison.

Concrètement, on procède par étapes sur deux ou trois hivers successifs. La première année, on réduit les branches les plus hautes d'un tiers, en coupant toujours au-dessus d'un départ de rameau latéral orienté vers l'extérieur. La deuxième année, on poursuit la réduction sur un autre tiers du houppier. La troisième année, on termine l'intervention.

Cette progressivité permet à l'arbre de reconstruire progressivement sa ramure sans déclencher une explosion de gourmands. Elle évite aussi les coupes de gros diamètre, qui cicatrisent mal et deviennent des portes d'entrée pour les champignons lignivores. Une branche de plus de 10 cm de diamètre ne devrait jamais être coupée sans une raison sanitaire impérative (branche cassée, malade ou dangereuse).

Quand faire appel à un élagueur professionnel ?

Faire appel à un élagueur professionnel devient nécessaire dans deux situations.

D'abord, quand l'arbre dépasse 5 à 6 mètres de hauteur et que la taille nécessite de travailler en hauteur avec une nacelle ou des cordes. Les accidents de jardinage liés aux chutes depuis un escabeau ou une échelle sont fréquents et souvent graves. Ensuite, quand les branches à couper ont un diamètre supérieur à 10 cm : une scie d'élagage classique n'est pas adaptée, et une mauvaise coupe peut déchirer l'écorce sur plusieurs mètres.

Si vous envisagez de cultiver vos arbres fruitiers en pot, notre article sur les pots pour arbres fruitiers vous fournira des informations précieuses sur la taille, le matériau et le volume adaptés.

Un élagueur qualifié possède le matériel et l'assurance nécessaires. Il connaît les angles de coupe qui favorisent la cicatrisation et respectent la physiologie de l'arbre. Comptez entre 200 et 500 € pour l'élagage d'un arbre isolé de taille moyenne, selon la complexité d'accès et le volume de branches à retirer (tarifs indicatifs constatés en 2025).

Jusqu'à quand peut-on couper les arbres ? Réglementation et bonne pratique

Jusqu'à quand peut-on couper les arbres ? La question mêle bonne pratique horticole et contrainte réglementaire.

Sur le plan biologique, la période de taille est dictée par l'espèce, comme détaillé dans le calendrier ci-dessus. Mais une contrainte supplémentaire s'applique partout en France : la protection des oiseaux pendant la période de nidification. La plupart des communes interdisent ou restreignent les travaux d'élagage et d'abattage entre mars et juillet, pour ne pas déranger les nichées.

Les dates exactes varient selon les arrêtés municipaux. Certaines communes fixent la période du 15 mars au 31 juillet, d'autres du 1er avril au 31 août. Il est impératif de se renseigner en mairie ou sur le site service-public.fr avant tout chantier d'élagage important au printemps. Cette réglementation ne s'applique généralement pas aux tailles légères d'entretien au sécateur, mais concerne l'élagage à la tronçonneuse et l'abattage.

Par ailleurs, le Code civil encadre les plantations en limite de propriété : un arbre de plus de 2 mètres de hauteur doit être planté à au moins 2 mètres de la limite séparative (art. 671). Si votre arbre dépasse cette hauteur et cette distance, le voisin peut exiger qu'il soit réduit ou arraché, sans que la prescription trentenaire ne joue en votre faveur si l'arbre a moins de trente ans.

Choisir les bons outils pour une taille réussie

Un bon calendrier ne fait pas tout. La qualité de la coupe et l'outil utilisé conditionnent directement la vitesse de cicatrisation et la résistance aux maladies.

Pour les branches de moins de 2 cm de diamètre, un sécateur à lames franches suffit. Il offre une coupe nette qui n'écrase pas les tissus. Pour les branches de 2 à 5 cm, un ébrancheur à longs manches donne le bras de levier nécessaire sans forcer. Au-delà de 5 cm, une scie d'élagage à denture japonaise : qui coupe en tirant : est plus efficace et plus précise qu'une scie classique. Pour les branches en hauteur, une perche télescopique équipée d'une tête de coupe permet d'intervenir jusqu'à 4 ou 5 mètres sans échelle.

Quel que soit l'outil, la règle d'hygiène est impérative : désinfectez les lames entre chaque arbre. Un simple passage à l'alcool à 70° ou à l'eau de Javel diluée à 10 % suffit. Sans cette précaution, un sécateur qui a coupé une branche malade sur un cerisier peut transmettre le chancre bactérien au pommier taillé dans la foulée. C'est la cause la plus fréquente de propagation des maladies dans les vergers amateurs.

Enfin, taillez toujours en biseau, juste au-dessus d'un bourgeon orienté vers l'extérieur, pour que l'eau de pluie ne stagne pas sur la plaie et que le nouveau rameau pousse vers l'extérieur de la ramure.

Fiche pratique

Budget estimé0 à 50 € pour l'achat d'un sécateur et d'un ébrancheur de qualité ; 200 à 500 € pour l'intervention d'un élagueur professionnel sur un arbre isolé
Temps d'installation15 à 30 minutes par arbre fruitier adulte pour une taille d'entretien annuelle ; 1 à 2 heures pour une taille de formation sur un jeune sujet
NiveauDébutant pour la taille d'entretien légère (branches mortes, rameaux fins) ; intermédiaire pour la taille de formation des fruitiers ; faire appel à un professionnel pour les arbres de plus de 5-6 mètres ou les branches de plus de 10 cm de diamètre
PrérequisSécateur à lames franches bien affûté, alcool à 70° pour désinfection, gants de jardinage, escabeau stable si nécessaire
Pieges eviterTailler un fruitier à noyaux en hiver, tailler par temps de gel, ne pas désinfecter les lames entre les arbres, retirer plus d'un tiers du houppier en une seule intervention, tailler un résineux sur le vieux bois

Sources

Ce guide a une portée pédagogique. Toute intervention technique (électricité, gaz, structure) doit être confiée à un professionnel certifié ou RGE.

Questions de jardiniers

Quels arbres faut-il tailler en juillet ?

En juillet, taillez les arbustes à floraison printanière terminée (forsythia, lilas, spirée), les haies de feuillus (charme, troène) par temps couvert, et supprimez le bois mort sur toutes les espèces. Ne touchez ni aux fruitiers à pépins ni aux résineux, qui doivent attendre l'hiver ou le printemps.

Quel arbuste tailler en octobre ?

En octobre, mieux vaut ne tailler aucun arbuste à risque. Le camélia porte déjà ses boutons floraux, le cyprès cicatrise mal avant les gels, et l'osier coupé à l'automne pourrit pendant l'hiver. Attendez février-mars pour ces espèces sensibles. Seules les branches mortes ou dangereuses peuvent être supprimées en toute saison.

Quel est le meilleur mois pour tailler les arbres ?

Il n'existe pas de mois universel. Les fruitiers à pépins se taillent en janvier-février (hors gel), les fruitiers à noyaux en août-septembre après récolte, les feuillus d'ornement en février-mars avant le débourrement, et les résineux au printemps (mai-juin) pour un pincement léger.

Que faut-il tailler en août ?

En août, priorité aux fruitiers à noyaux (cerisier, prunier, abricotier) juste après la récolte : suppression du bois mort, éclaircissage du centre et réduction d'un tiers des rameaux trop vigoureux. Retirez aussi les fruits momifiés restés accrochés, réservoirs à spores de moniliose. Ne taillez pas les fruitiers à pépins dont les bourgeons pour l'année suivante sont déjà formés.